Les accomodements déraisonnables


Pour une fois, j’aspire à traiter d’un sujet sérieux sur ce blogue.  Il s’agit de la soi-disant polémique des accomodements « raisonnables »…  En particulier, cette mascarade que fut la commission Bouchard-Taylor, qui vit défiler certains des plus beaux spécimens de l’homo quebecus, comme en font foi certains extraits présentés à Infoman, notamment…

Pourtant, tout ceci découle de deux problèmes fondamentaux :

1) les Québécois sont, à priori, intolérants;

2) les Québécois sont hypocrites.

Certes, il s’agit de deux affirmations plutôt fortes, mais elles ne sont pas pour autant fausses.  Évidemment, c’est peut-être un peu facile pour moi de dire cela.  Fils d’immigrant, j’ai vécu toute ma vie dans un quartier extrêmement multiethnique et donc j’ai, dès un très jeune âge, été sensibilisé aux problèmes relatifs à la cohabitation pacifique de citoyens d’origines diverses.  On pourrait donc croire que je suis biaisé dans mon jugement et que je me permets d’émettre de fortes opinions alors que mon point de vue n’est pas représentatif.  Pourtant, c’est plutôt le contraire selon moi; c’est ce point de vue qui me confère une certaine objectivité. 

Et puis, il faut aussi se défaire de l’idée selon laquelle le Québec, c’est Montréal (enfin, pour les gens de Montréal bien sûr).  Notre « Montréalocentrisme » nous empêche parfois de nous imaginer qu’il existe un « autre » Québec, celui des gens qui ne côtoient pas tous les jours des collègues de plusieurs ethnies différentes (et je ne parle pas que de la campagne profonde, même dans notre capitale nationale on ne croise pas des immigrants à tous les coins de rue…).

Alors, d’où vient-il ce problème?  D’un manque de contact?  D’une éducation insuffisante?  C’est vrai que de manière générale, nous pourrions en savoir davantage sur l’autre, sur les diverses cultures présentes sur notre petite planète.  Cependant, compréhension n’est pas synonyme d’acceptation, et c’est au demeurant une réalité tout à fait normale, voire souhaitable!  En quoi le fait de comprendre un phénomène, un comportement, devrait-il nous engager automatiquement à l’accepter sans rien dire?  C’est là que réside l’erreur principale.  À défaut de chercher à bien comprendre l’autre, on l’accepte, sans mot dire.  Mais ce n’est pas tout.  Pire encore que l’idée de faire un effort pour s’éduquer, il y a la honte d’être mal perçus. 

Intolérance.  Même le mot nous semble intolérable!  Et c’est bien ce qu’on craint le plus.  En tant que peuple, nous préférons piler sur notre orgueil et sur nos valeurs plutôt que de risquer d’être taxés d’intolérance, car notre insécurité prend le dessus sur notre fierté.  Voilà l’hypocrisie.  Cependant, il ne faut pas se leurrer.  Cette position en est une bien délicate, car comme on a pu le constater lors de certaines audiences, le mécontentement s’installe tranquillement et l’intolérance ne fait que croître.  Il serait regrettable de voir la tension atteindre le même niveau que dans certaines autres régions du globe, où elle s’exprime par des actes de violence et de haine.

Que reste-il à faire, dans ce cas?  Plus que n’importe quelle « commission de consultation sur les pratiques d’accomodement reliées aux différences culturelles », il est temps que le Québec se fasse une identité bien claire.  Nos représentants osent affirmer que nous formons une nation distincte mais nous n’arrivons même pas à définir de manière concertée quelles sont nos valeurs en tant que société?  Dans beaucoup d’endroits, c’est pourtant clair : « Tu viens chez moi, tu adoptes mes valeurs! ».  Sans non plus passer d’un extrême à l’autre, il est temps que le peuple québécois s’affirme, et affirme ses valeurs…  Il est temps surtout que nous pratiquions une tolérance raisonnée, et non pas émotionnelle. 

Finalement, le problème réside aussi au niveau de l’encadrement des nouveaux arrivants.  Beaucoup d’entre eux, d’honnêtes gens en quête d’opportunité et de paix, ne demandent qu’à s’intégrer le mieux possible!  Or, cela leur est plutôt difficile si on ne prend même pas la peine de leur expliquer ce que c’est que d’être Québécois, plutôt que d’accepter tout et n’importe quoi au nom des apparences…

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