Lost in Translation (Traduction infidèle)


Il y a quelques jours déjà, j’ai revu un de mes films préférés de tous les temps, « Lost in Translation », mettant en vedette le légendaire Bill Murray et Scarlett Johansson.  Il me semble que j’avais entendu que Sofia Coppola aurait supposément écrit et réalisé ce film alors qu’elle était en panne sèche d’inspiration lors de la production de Marie-Antoinette…  C’est tout de même ironique, si l’on considère le succès relatif d’un film par rapport à l’autre!

Or, je me trouve un peu dans la même situation que Sofia Coppola en ce moment (bon, mis à part le fait que je ne suis pas un réalisateur hollywoodien, ni la progéniture d’un réalisateur hollywoodien, ni une femme, ni en train de réaliser un projet cinématographique d’envergure… je souffre tout de même cruellement du syndrome de la page blanche ce soir!).  Ainsi, il me semble qu’il serait particulièrement approprié pour moi d’aborder ce même sujet : traduction infidèle!

Dans le film, on découvre notamment le profond fossé culturel entre l’Amérique et le Japon.  Il existe un tel fossé bien plus près de nous, au sein même de notre société, entre ces bêtes inquiétantes que l’on connaît sous le nom de « chercheurs », et les médias…

Je vous donne un exemple.  Récemment, il a été rapporté que pour la première fois, une « super-Terre » avait été découverte et qu’elle se trouvait dans la zone habitable.  En gros, cela signifie qu’une planète, ayant quelques fois la taille de notre planète bleue, a été découverte et elle se situerait à une certaine distance autour de son étoile telle qu’il est possible d’y retrouver de l’eau liquide, et éventuellement, de la vie.  Enfin, c’est ce que les médias ont véhiculé comme information.  Mais quelle est donc la version des scientifiques?

Il faut tout d’abord savoir que l’étoile autour de laquelle orbiterait ladite exoplanète est déjà bien connue, car elle abrite déjà un système planétaire.  Cependant, les planètes que l’on connaissait déjà dans ce système étaient soit trop grosses, soit trop proches de leur étoile, pour abriter de la vie.  Par contre, de nouvelles données suggèrent qu’il pourrait y avoir quelques planètes additionnelles à ce système, et parmi les candidates, les données suggèrent qu’il pourrait y en avoir une de taille raisonnable et à une bonne distance de l’étoile, de manière à ce qu’elle puisse contenir de l’eau liquide.

Bref, on dit qu’il SEMBLE y avoir des INDICES comme quoi il POURRAIT y avoir une planète dont la masse serait quelques fois celle de la Terre et qui SERAIT POSSIBLEMENT dans la zone habitable autour de son étoile.  Qui plus est, le fait qu’une planète soit sise dans la zone habitable est relativement peu significatif, car c’est une condition essentielle, mais loin d’être suffisante, pour que la vie, telle qu’on la connaît, puisse s’y épanouir.  En effet, au-delà des conditions de température et de luminosité, la composition chimique de la planète et surtout de son atmosphère sont des facteurs déterminants afin d’envisager la possibilité qu’elle soit habitable.  Pourtant, si on n’écoute que les journalistes, on en vient presque à la conclusion que de petits hommes verts y habitent et que nous entrerons en contact avec eux sous peu!

Le pire dans tout ça, c’est que cette détection est présentement contestée par une équipe indépendante, ce qui veut dire qu’il faudra une étude plus approfondie afin de pouvoir conclure quoi que ce soit de significatif…

La morale de cette histoire?  Il faut faire preuve de beaucoup de jugement lorsqu’on obtient des informations des médias (bon, je ne surprend personne, je sais…), surtout lorsqu’il s’agit de nouvelles scientifiques.  Malheureusement, les journalistes qui couvrent ces sujets ne sont pas forcément très bien renseignés et tendent un peu au sensationnalisme, car « De la vie ailleurs dans l’univers! » est une manchette beaucoup plus excitante que « Nous avons peut-être détecté ce qui semble être une planète qui pourrait possiblement être dans la zone habitable, ce qui veut dire qu’elle aurait une chance de réunir les conditions favorables à l’apparition de la vie »…  Que voulez-vous, on forme une espèce bien ennuyante!

Bonus : une excellente parodie de ce phénomène!  http://www.smbc-comics.com/index.php?db=comics&id=1623

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