Troisième essai et une verge


Tout d’abord, il est à savoir que ce billet ne s’adresse pas aux personnes facilement choquées.  Vous êtes donc bien avertis, si sa lecture vous scandalise, c’est que vous n’auriez pas dû le lire!

Qui plus est, c’est un billet qui s’adresse davantage à mes confrères de la gent masculine, car il traite d’un problème tout à fait spécifique à notre condition.  En fait, ce n’est pas tout à fait vrai, c’est plutôt un problème partagé par les représentants des deux sexes, mais la solution que je propose ne s’applique qu’à mes camarades XY.

Maintenant que ce préambule est chose du passé, attaquons-nous au vif du sujet.  Bien que dans certains contextes nous n’ayons aucune gêne à en parler, il est parfois quelque peu délicat d’aborder le sujet de notre membre, comme dans un blogue par exemple!  Ce que je vous propose ici, c’est de dédramatiser l’utilisation du mot « pénis », par l’entremise d’une exploration phonétique.

Tout d’abord, j’ouvre une parenthèse pour expliquer un peu comment cette graine a germé dans ma cervelle.  Un jour, alors que je devais travailler à la rédaction de mon mémoire de maîtrise, je me suis plutôt plongé dans une rêverie.  Je songeais à la beauté de la langue française et à son inviolabilité; un peu comme dans le cas d’une fugue de Bach, on ne pourrait rien lui enlever ni lui rajouter afin qu’elle soit plus parfaite (malheureusement, les décideurs de l’Académie française ne sont pas de mon avis et introduisent annuellement une panoplie de néologismes – tous plus laids les uns que les autres – dans le dictionnaire).  Cette propriété est remarquable en ce qui concerne les accents qui colorent la langue de Molière.  En effet, que ce soit en français ou en musique, enlevez (ou ajoutez) un accent et vous ouvrez la voie à une catastrophe.  « Beauté » devient « beaute » (comme dans I’m on a beaute), « poème » devient « poeme » (je ne sais même pas comment le prononcer), et à l’inverse, nous les hommes, avec l’addition d’un simple chapeau, nous devenons homonymes à l’unité de mesure de la résistance électrique (ceux d’entre vous qui ont suivi un cours de physique au cégep la comprennent…), ce qui est plutôt moche.

Cette remarque s’applique donc parfaitement au mot qui nous intéresse ici, soit « pénis ».  Enlevez-lui son accent, et vous lui enlevez sa majesté virile, vous l’humiliez, vous en faites un vulgaire « penis ».  (À l’écrit, comme ça, ça ne semble pas si scandaleux, mais prononcez-le à voix haute pour voir!)  Cela dit, « pénis », même avec son accent, demeure parfois gênant à dire.  Or, en faisant de la sollicitation téléphonique il y a de cela quelques années, j’ai appris que le fait de modifier la prononciation d’un mot rend parfois son énonciation plus aisée (mais il s’agit là d’une toute autre histoire que je vous garde pour une autre occasion).  C’est ainsi que s’offrent à vous deux choix.  Il y a le choix distingué et le choix comique.  Commençons par le deuxième.

C’est l’été dernier que l’on a porté à mon attention le caractère humoristique de la prononciation « pinisse », à employer dans un contexte plus ou moins décontracté (particulièrement pour raconter des blagues salaces), ou bien encore dans un contexte tendu qui nécessite un petit relâchement, comme lors d’une visite chez le médecin.  Pour l’avoir employé abusivement pendant une fin de semaine complète, je peux témoigner de sa grande efficacité et de son potentiel désarmant!

Pour ce qui est de la prononciation distinguée, commençons par considérer un autre cas, soit celui du mot « plus ».  En effet, il arrive souvent qu’on le prononce « plusse », et il n’y a rien de mal à cela.  Cependant, vous aurez remarqué que lors d’un discours plu soutenu, on a plutôt tendance à laisser tomber le « s » car ça sonne mieux.  Eh bien, l’idée est exactement la même, si vous voulez évoquer votre outil avec classe et lui conférer une certaine dignité, rien ne fait l’affaire comme un péni, tout comme on dit la ville de Pari, ou bien un couli.  Croyez-moi, l’essayer c’est l’adopter : finis les silences ambigus dans les restaurants huppés après avoir raconté une anecdote avec quelques décibels de trop, finis les rancarts terminés par une retentissante gifle!  Avec le temps, votre péni deviendra votre meilleur ami!  S’il avait encore plus de panache, on l’appellerait « Monseigneur »…

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